mardi 10 juin 2008

Liens haiti: le voyage continue!

Pour ceux qui veulent voir des photos....


http://picasaweb.google.com/amy.bowen

Un blog en Anglais

http://pheelin-eerie.blogspot.com/

Et pour info, vous êtes à la fin du blog, pour retourner au début, regardez à droite, février, c'est là que ça commence! (Bonne lecture Marine:) )

vendredi 23 mai 2008

Retournen anko

A nouveau debarquer a l aeroport Toussaint Louverture en Haiti, quelle drole de sensation, comme une nouvelle arrivee; mais c est pour notre derniere nuit que nous sommes de retour dans la capitale fievreuse.
A la sortie de l aeroport, un chauffeur devait nous attendre, et ne le voyant pas, nous (je) avons commence a nous stresser qu il ne vienne pas. Hors de question de prendre un taxi...mais finalement il nous a trouve apres 30 minutes d attentes a refouler les sollicitations de taxi, guides et autres haitiens en quete de travail...
Nous avons traverse la capitale, ses rues folles, ses milliers de personnes qui deambulent au milieu des marches, carcasses de voitures, vendeurs de tout, egouts ouverts, maisons en construction ou en destruction (?)...et nous sommes arrives a la guest house St Joseph.
Et la quelle surprise, un lieu magique, tenu par les chretiens, gere par Michael, un americain. L interieur est immense, un havre de paix sur 5 etages, terrasses ouvertes sur la ville, emplies de peintures, de plantes, de canapes et de recoins qui laissent place au recueillement. Cette maison accueille 20 garcons haitiens et les eleve. C est aussi un centre d art ou ils apprennent a peindre, et ils le font sacrement bien!!
Un groupe de canadien transitait par la pour une semaine. Nous avons echanges un peu avec eux. Nous avons passes un debut de soiree sur le toit de la guest house, qui offre une vue imprenable sur la ville et les montagnes. Un coin de paradis.

Enchevetrement de maisons de Port au Prince



Un des etages de la guest house

Peinture faite par les garcons de la maison St Joseph



Vues sur les toits





Dernier coucher de soleil en Haiti,en dessous, La Gonave, nous pensons a nos amis, aux moments passes dans ce pays. Nous pensons y revenir un jour, car nous savons.



Peinture de Jesus par un haitien.

samedi 17 mai 2008

Derniers jours a Source a Philippe






Les derniers jours a Source a Philippe ont ete riches en emotions. Les longues discussions avec chacun, les au revoirs, tout ranger apres 2 mois et demi... Le dimanche soir, des amis du village nous ont organises une fete de depart/remerciement. Nous avons ete tres touches. Une cinquantaine de personnes etaient la. Au programme, speech individuel, chansons, danse, musique haitienne (le compa) et un festin qui nous a mis mal a l aise lorsqu on sait que la moitie des gens presents dans la salle ne mange pas a leur faim. Mais c est la coutume Haitienne, les invites sont toujours bien nourris...
Nous nous sommes essayes au compa, mais nous n avons pas le meme rythme qu eux dans la peau.
Lundi, nous sommes alle peche des lambis (conches=gros coquillage) avec un ami pecheur. Armes de nos masques et palmes, nous avons plonges dans les eaux claires, au loin de la cote...magnifique. Nous avons fait une bonne peche et avons surpris les habitants du village: les blancs savent pecher les lambis!

Mardi et mercredi, nous avons ete tres sollicites, entre la clinique, les demandes de chacun avant le depart pour un mois de Joe et Shirley, ceux qui voulaient passer du temps avec nous ...Tout est passe tres vite. Le mercredi soir, Amy a donne les attestations de suivi aux eleves/adultes de ses cours.On sentait la fierte qu ils avaient a les recevoir... moment intense.
Jeudi matin, malgre un reveil a 5h pour finir les valises et dire au revoir a tout le monde, il aurait fallu des heures en plus ...La tristesse provoquee par notre depart, la separation avec ses amis du bout du monde n est pas une chose facile. Nous avons vecu tant de moment forts avec ces gens, avons partages leur vie, leur survie. Forces de partir, nous avons pris la route d Anse a Galets, laissant Source a Philippe derriere nous. Les larmes me montent encore aux yeux en pensant a tous ces gens qui se battent pour la survie quotidienne a l heure ou j ecris ces mots. Wilter, Jean Ronique, Nelson, doivent etre en mer, que leur peche soit bonne et nourrisse leur famille ce soir. Phyto doit etre au jardin a bichonner les futurs melons. Les jeunes filles doivent etre a transporter les seaux d eaux de la citerne aux maisons pour boire, se laver, faire la lessive, la cuisine...Wesline doit etre a la clinique, bien vide sans moi, a soigner benevolement (depuis 2 ans)des gens qui ne peuvent pas payer les soins.Combien ne feront qu un repas aujourd hui? Combien ne mangeront pas du tout?Tinom pourra t il construire un toit pour sa maison? Est ce que le prix du riz va rester au prix actuel, augmenter?
Nous avons vecu avec ce genre de questions pendant 2 mois et demi, et malgre les difficultes, nous nous sentions bien, proches de valeurs humaines...notre esprit va devoir faire de la gymnastique pour se readapter a un autre mode de vie.
Nous savons qu il existe, sur l ile de La Gonave, en Haiti, un petit village qui s appelle Source a Philippe et nous savons ce qu il s y passe. Nous connaissons une bulle de notre planete, et cette bulle est comme un reve, mais avec toute l aprete de la vie qui lui colle...Je prie pour revoir un jour mes amis.
Wesline, ouam, sa mere
Enickson et Wesline



Missoule
Jean Ronique


Neslon, un ange pecheur...
ludmilla, fille de Wilter, brulee au deuxieme degre a la main

La remise des attestations
Love et Amy





Le petit coucou que nous avons pris d Anse a Galets a Port au prince

lundi 12 mai 2008

Noir et blanc



Tant d extremes ici. Comme je l ai deja exprime, l on passe d un sentiment a un autre, de la satisfaction et la joie a la frustration et la colere. Les jours de notre depart approchant, et les difficultes empirant pour la population, nous recevons de plus en plus de demandes d aides, sous toutes les formes. La constante sollicitation devient usante, et source de frustration lorsqu on ne peut aider. Mais il y a eu aussi ces derniers jours de plus en plus de personnes venant mendier, demander, mes propres affaires! Donne moi ton pantalon, tes lunettes, ta montre. Est ce que tu peux nous aider a payer ca, as tu de la nourriture, tes gants de travail sont biens utiles, vas tu me laisser tes chaussures.......Je reponds toujours que je ne suis pas venu ici pour donner (le peu) d affaires que j ai; que je suis venu offrir mon temps, et aussi que j ai paye avec mon propre argent ce voyage, et que moi aussi j aurai mon lot de difficultes en rentrant en France, sans travail, maison...toute proportion gardee bien entendu. Mais l accumulation des demandes, en particulier a mon egard, m avait rendu quasi asociable ces derniers jour. Et puis j ai finit par mettre les points sur les i avec certaines personnes. Elle ont bien compris, et par respect pour moi, ont cesses de me demander mes affaires. Mai je sais que d autres viendront encore jusqu a notre depart, tentative de grapiller un morceau de quelque chose dans leur existence qui semble s appauvrir petit a petit ces dernieres semaines.






L autre soir, un ami d Amy, Wilter, lui disait qu il n avait pas attraper de poisson dans la journee, et qu ils (sa femme et 3 enfants) auraient un chocolat chaud pour le diner. Nous etions alle peche le matin avec Amy et Neslon, un ami. Nous sommes parti en mer, avec un peu de vent, sur une coque de noix, a la rame. Nelson a plongee pour recuperer les poissons pris dans son filet. Ils nous a offert les 5 plus beau, la moitie de sa peche. Amy a apporte cela le soir a Wilter, avec un peu de riz et des pois...mais demain, si la peche n est pas bonne?






Mon coeur balancait entre ce sentiment de rancoeur envers ces gens qui me demande mon propre bien, apres leur avoir donne mon temps, mon argent, ma patience... et ce sentiment de tristesse de les laisser, de quitter ses vies auxquels je me suis attaches.






Mais a passer quelques instants a partager un bout de chez eux, de leur famille, en toute simplicite, vous recon cilie avec la vie....









Photos a venir quand je peux telecharger

mercredi 7 mai 2008

Trou Jacques

Aujourd hui, nous sommes alle a Trou Jacques. Depart a 6h30 avec un petit bateau.
3 heures de mer au matin, j ai ete trempee pendant tout le voyage, et le vent n a pas arrange les choses... Trou Jacques est un petit village des cotes sud de la Gonave, qui n est accessible que par la mer, ou apres de longues heures de marche. Shirley est venu ici il y a 10 ans lorsqu un cyclone avait tout simplement rase le village, emporte dans la mer par une coulee de boue venant de la montagne.Certains sont partis vivre sur la grande terre apres le cyclone, mais d autres ont reconstruit leur maison au meme endroit... A chaque coulee de boue (3 par an au moins), l eau arrive par ici. Sur la photo du dessous, on peut voir le goulet que formeles montagnes. Toute l eau descend par cette arrivee et se jette dans la mer. Une immense etendue de sable terreux s est forme devant la mer.
Les besoins du village sont immenses. Les citernes d eau sont cassees, les toits de l eglise, l ecole sont perces de partout. Les maisons ont toutes besoins de reparations. L agriculture est peu pratiquee, la peche est difficile, et mise a mal a chauqe coulee de boue qui bouleverse le petit port...On sent la bas combien les gens sont desesperes, et livres a eux meme. Saisissant.

Apres 2 heures passees a lister les differents besoins, nous avons du reprendre la mer pour ne pas subirt le vent de la fin d apres midi.Le long de la cote, des maisons apparaissent, isolees, dans un payasage paradisiaque...Comment font ils pour vivre, couper de tout?Ils font du commerce de charbon sur la grande terre (sacs a droite sur la photo), la peche, quelques plantations...
Arrivee a Source a Philippe, derniere cabriole dans un bois rond, pou atteindre la terre ferme et se precipiter sous une douche d eau douce pour laver le sel, la boue, le soleil et les emotions de la journee.


mardi 6 mai 2008

Les bonnes choses de la vie

Mais en Haiti, tout est paradoxe, ou tout simplement exacerbe... et autant les douleurs sont presentes, autant les moments de joie et de bonheur sont agreables...Tant de rires, de sourires, de gestes de reconnaissances, de paysages ensoleilles, natures, de petites victoires... Cette jeune fille enceinte, si belle, malgre tout ses problemes; ses enfants qui jouent insouciants sous la pluie orageuse (avec moi); cet entrepreneur qui fait son premier pret et sait qu il va pouvoir commander le materile dont il a besoin; ce village nomme Matenwa ou l ecole est un modele de l enseignement de la vie, par des methodes orginales, un cadre idilyque, des profs passionnes; le jardin de notre ami Jean Ronique qui est un havre de paix perdu dans les montagnes, ou entre des tas de pierres, poussent les melons, cacahuetes, patates et autres;ces gens ici qui sont deja nostalgiques de notre futur depart...

La suite en quelques images...

Ecole de Matenwa

Marche d Anse a Galets

Crabes en cuisson

Madame Mathilien en seance coiffure

Soimeme, jeune femme enceinte de la communaute

Gandalf le gris
Jean ronique dans son jardin
Broderie du centre des femmes artistes de Matenwa



le poids de la vie

Notre homme de 61 ans avec son probleme de prostate, qui devait aller sur la grande terre a l hopital, a choisi de donner fin a sa vie jeudi soir dernier. Le poids de la vie, du cout d une eventuelle operation, ou le poids de la souffrance s il ne pouvait pas se faire operer, ont fait plier cet homme.
Il n est pas le seul a se courber en ce moment autour de nous. Nous avons de plus en plus de personnes venant pour de la nourriture ou un peu d argent, ce qui etait plutot rare a notre arrivee. Les prix ont semble t il augmente encore un peu.
Nous sommes a la saison des pluies, c est a dire des plantations, mais les travailleurs des champs ont augmentes leurs prix a la journee, les proprietaires de jardin ne peuvent faire nettoyer correctement les champs et les recoltes sont menacees.
Beaucoup de personnes tentent de maintenir ou developper leurs buisness, mias les moyens financiers sont limites, ils sont nombreux a venir faire des prets individuels aupres de Joe et Shirley qui ont mis en place un systeme a bas interet.

Les demandes diverses affluent chaque jour, et nous (Amy et moi) sont souvent impliques pour traduire. Le temps passe a ecouter en 2 voir 3 langues, les differences de personnes, de culture, le poids des problemes rendent parfois les choses usantes. Si peu de repit, jamais lorsqu on l attend tout de moins.

La vie est dure, les gens sont durs. Ti pipis, la jeune chienne si gentille que nous avions adoptee a ete empoisonnee avec sa mere. Lorsque des chiens (souvent errants) tuent une chevre (elles sont en libertes), le proprietaire empoisonne les restes. Lorsqu un chien revient, il meurt... Quelle injustice... et la chevre et le chien sont morts, et dans les deux cas l homme est le con. Passons... (et caresse pour pipis).

Aujourd hui les nouvelles dans le pays nous ont mis la puce a l oreille. Le leader des manifestations dans la ville des Cayes (ou tout a commence, 5 morts durant les emeutes) a lance un ultimatum au gouvernement, et menace de reprendre la semaine prochaine. De port au prince, on nous dit qu on ecoute les infos attentivement...

Tant de choses ainsi chaque jour...la liste est longue...

Nous devions aller en rep Dominicaine, mais aujourd hui vu les prix du voyage, du contexte ne nous invitant pas a repasser par Port au Prince (hormis aeroport) pour raisons de securite, il se peut que nous partions plus tot pour les USA...le 16 mai. Decision a prendre bientot.